Si le sel se récolte l’été, la récolte se prépare dès l’hiver et le bon fonctionnement d'une saline nécessite un travail tout au long de l’année : seul ou collectivement, le paludier adapte son travail au rythme des saisons.
L’hiver
Pour protéger les salines du gel et des intempéries, le paludier les recouvre d'eau. Cette saison est entièrement consacrée au curage (rayage) des vasières, à l’entretien des talus (renforcement, coupe de la végétation) et au nettoyage des chenaux d’alimentation et d’évacuation.
Le printemps
Début mars, il faut vider (algir) les salines et les bassins de l'eau de pluie accumulée, puis évacuer la vase et les algues tout en reconstituant les digues d’argile (ponts) qui constituent le circuit hydraulique de la saline. C’est aussi l’époque des travaux collectifs de réfection complète (chaussage), tous les 25 ans, d'un groupe d'oeillets (lotie).
L’été
C’est la récolte de sel. 50 à 60 œillets sont en moyenne exploités par un paludier (ce qui représente une superficie de 3 à 4 ha) et nécessite de longues journées de travail. La production est cependant très variable en fonction de l’ensoleillement, des vents et de la pluviométrie.
A Guérande, il faut un bon vent d’Est pour une bonne fleur de sel qui est récoltée le soir pour éviter la rosée.
L’automne
Une fois le sel «roulé», c'est-à-dire mis à l’abri pour l’hiver, le rythme de travail ralentit jusqu’à mi-novembre. Une période de repos qui peut cependant être interrompue en cas de grande marée pour protéger les salines.
A Guérande, un paludier exploitant produit à lui seul, en moyenne, entre 60 et 90 tonnes de gros sel et de 2 à 3 tonnes de fleur de sel par an ! Mais cette production varie beaucoup en fonction des conditions climatiques (de 0 à 200 tonnes de gros sel)!